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Comment répliquer face aux paroles toxiques, insidieuses, de quelqu’un qui critique, se montre agressif, manipulateur, nous décrédibilise ou tente de prendre le pouvoir sur vous?

La manipulation ou prise de pouvoir sur l’autre par la parole est un vaste sujet qui ne peut se résumer en quelques lignes.
Dans cet article je vous présente quelques types de manipulations et je vous propose quelques pistes de décryptage et de réflexion pour établir des relations plus conscientisées et saines.

 

 

1. Le manipulateur conscient de son emprise.

 

Certaines personnes sont conscientes de la manipulation qu’elles exercent et jouent de cette domination sur les autres. Cela peut d’ailleurs relever d’une pathologie dont ce n’est pas le sujet ici.
De manière générale, un manipulateur n’apprécie pas d’être affronté et remis en question car il craint l’impact des idées et surtout de perdre son pouvoir, même s’il n’est pas pleinement conscient de son comportement.
Un être manipulateur est dans le contrôle. Cette emprise sur l’entourage, cette volonté de tout maitriser, corrélée à un caractère exigeant l’empêchent d’être heureux et satisfait et il vit son illusion de satisfaction dans sa domination. Il résiste au changement car cela implique de se remettre en question.

Le manipulateur prend le pouvoir sur celui qui est vulnérable, se laisse atteindre, c’est-à-dire celui qui doute de lui-même, n’a pas confiance en lui et a peur de l’autre. Le manipulateur peut aller jusqu’à vous faire croire que ce n’est pas ce que vous faites qu’il remet en question mais ce que vous êtes dans votre essence même. Il sait trouver la faille et atteindre là où ça fait mal. C’est comme cela qu’il prend le pouvoir sur autrui.

 

Différentes formes de manipulation :

• culpabilisation
• désinformation
• dépréciation
• négationnisme
• accusation
• isoler l’autre
• contrôle de tout

Cependant, les manipulateurs ne sont pas tous des dominants et calculateurs qui imposent ou s’affirment par la peur et le chantage.
La manipulation peut être subtile et s’avérer parfois plus difficile à affronter.

 

 

Les rôles endossés par le manipulateur :

 

• celui qui exagère son affection,
• celui qui veut toujours se rendre indispensable,
• celui qui est étouffant de gentillesse,
• le flatteur
• l’indifférent, le hautain et distant (celui qui fait croire que son amour est au-delà de tout, comme s’il était supérieur et que l’autre lui doit tout)
• celui qui critique tout et tout le temps
• celui qui joue à la victime et expose ses problèmes sans laisser de place à la parole de l’autre.

 

 

2. Nous sommes tous potentiellement manipulateurs

 

La majorité des personnes communiquent sans vraiment se rendre compte des enjeux et des sabotages du système relationnel qu’elles instaurent.
Pourtant, nous sommes dans une relation manipulatrice dès lors que nous utilisons moquerie, sarcasme, dérision, mépris, désintérêt, culpabilisation, ridiculisation, silence, dénégation, mensonge, quand nous décidons à la place de l’autre, jouons à la victime, inversons les responsabilités

De fait, nous rentrons tous à un moment donné dans ce type de communication car c’est ce que nous connaissons et avons appris à mettre en place dans notre enfance.
Dès notre petite enfance, en effet, nous avons été conditionnés à aller dans le sens des attentes et exigences de nos parents, de nos professeurs. Nous avons de ce fait établis des systèmes de communications faussées, altérées pour obtenir ce que nous voulions, échapper à une punition, éviter de se faire gronder, convenir aux normes parentales, nous protéger, plaire etc.
Adultes, nous reproduisons tout naturellement ces schémas relationnels. Nous employons sans forcément nous en rendre compte les pièges de l’accusation, de la jalousie, du jugement, de la pitié ou de la plainte : or, toutes ces façons de s’exprimer sont autant de façons subtiles de manipuler.

Nous manquons donc tous par moment de spontanéité et d’authenticité car nous sommes bloqués par notre éducation, nos jugements, nos sentiments de dévalorisation, nos peurs (peur de ne pas être à la hauteur, de perdre l’amour de l’autre, de se retrouver seul, de ne plus avoir le contrôle etc).
Nous sommes par conséquent tous potentiellement manipulateurs, à des degrés divers, car nous réagissons avec notre propre vision limitative et sélective, avec nos filtres, avec méfiance, avec nos blessures, sans discernement.

Nous passons aussi la plupart du temps à dire ce que nous pensons ou croyons au lieu de d’exprimer ce que nous éprouvons dans notre cœur et ressentons dans notre corps.

 

Voici quelques phrases de manipulation qui nous échappe un jour ou l’autre :

« Que ferais-tu si je n’étais pas là ? »
« Sois gentil, apporte moi ce truc »
« Laisse-moi faire, tu n’y arrives pas »
« Si tu avais fais ce que je t’avais dit, tu… »
« Tu ne veux pas me faire de peine, n’est-ce pas ? »
« Tu ne peux pas faire ça ! Et moi alors ? »
« Tu ressembles bien à ta mère ! »
« Ne t’avise pas de me donner un conseil »
« Ton attitude est lamentable »
« Tu me fais honte »
« Surtout ne m’aide pas ! » (ironique)
« Je t’emmène si tu es sage (tranquille) »
« J’aime te faire plaisir quand tu obéis »
« Tu es injuste »
« Si tu m’aimais vraiment, tu … »

 

De ce fait, prendre conscience des manœuvres manipulatrices que l’on met soi-même en place tout à fait « naturellement » et inconsciemment, pousse à retrouver l’estime de soi, apprécier les autres, avoir confiance en soi et en l’autre, à s’exprimer sainement et surtout à ne plus se mettre en situation de victime face à un manipulateur : en un mot à se RESPONSABILISER !

 

 

3. Comment je peux me positionner face au manipulateur

 

Face à : « tu dois… à ta place je ferais…il faut que… tu es comme ceci… si tu étais… si tu… », répondre par « je propose… je suggère… je préfère… »

L’une des façons de me défendre contre un manipulateur est de me positionner clairement, d’exprimer sincèrement mes sentiments et mes ressentis : oser dire !

* Je partage ma réalité personnelle sans jugement. J’exprime mes besoins plutôt que juger ou critiquer.
* Je dis « JE » pour éviter l’agressivité et l’accusation : je parle de moi et évite le « tu » qui accuse.  Cette formulation du « je » permets de me centrer, de parler de moi plutôt que parler sur l’autre, de clarifier mes objectifs et mes sentiments :
                    « Cette remarque me fait de la peine » plutôt que « tu es blessant »
                    « Cela pose un problème ? » plutôt que « tu n’as pas à te mêler de mes affaires.»
                   « Je me sens abandonnée quand… » plutôt que « évidemment tu pars toujours quand j’ai besoin d’aide
* J’évite comparaison et jugement
* J’énonce des phrases courtes
* Je ne me justifie pas
* J’emploie l’humour
* Je reste poli
* Je fais préciser qui est le « on » : « Ce on, tu veux dire « toi » ? », « Par ce on, tu parles de qui exactement ? »
*Je fais de l’auto dérision
* Je relève le positif face à une critique négative

Ces attitudes m’évitent de me laisser envahir moi-même par la négativité et de ne pas rentrer dans un processus de réactions : colère, rancœur, critique, dévalorisation, intimidation etc.
Ce recul favorise l’affirmation de soi et déstabilise le manipulateur.

Face à celui qui joue la victime et tente de me culpabiliser (« tout le monde m’en veut, si tu m’aidais plus tu ferais… je pourrais… »), je peux adopter la position de celui qui interroge et renvoyer le comportement à son expéditeur :

           « Où veux-tu en venir exactement ? »
           « Que veux- tu dire par là ? »
           « Critiquer n’apporte pas la solution ! »
           « Qui a dit cela ? »
           « J’aviserai le moment venu. »

La liste des contre manipulations n’est pas exhaustive. Il existe autant de phrases que vous en trouverez pour vous exprimer nettement et sans jugement.

Voici toutefois quelques exemples :

– Peux-tu préciser ta pensée ?
– « On », tu veux dire : toi ?
– Je ne connais pas ce « on »
– Peux-tu préciser ta pensée ?
– Cela t’ennuie tant que cela ?
– A toi de voir !
– Je n’en doute pas !
– J’ai une opinion différente.
– C’est ton avis.
– Chacun ses goûts.
– A chacun son style.
– Prends-le comme tu veux.
– Si c’est ainsi que tu vois les choses…
– Moi ça me convient bien ainsi.
– A chacun ses expériences.
– L’avenir nous le dira.
– Pourquoi pas ?
– J’aime affirmer ma personnalité en…
– Je me sens bien habillé de cette façon.
– Je ne connais pas sa vie (ses difficultés) pour me permettre de critiquer.
– C’est sa manière d’être, l’important est qu’il se sente bien comme ça.
– Personne n’est parfait !
– L’essentiel est de faire de son mieux !
– Moi j’aime, c’est le principal, non ?
– Cela m’amuse de faire comme tout le monde justement.

 

 

4. De manipulateur à personne authentique :

 

1. Un manipulateur se distingue par des traits comme la tromperie, le contrôle, le cynisme, l’inconscience (dans le sens ne se remet pas en question).
Souvent il a recours à la ruse, joue un rôle pour créer une impression (je sais mieux que toi, je suis plus fort, c’est moi qui commande, je suis le sauveur etc) et cacher ses réelles intentions.

A l’inverse, une personne qui exprime ses émotions et se montre honnête est capable de faire concorder ses sentiments, ses actions, ses paroles et son attitude. Elle apprécie les autres, ne critique pas. Elle est capable de dire non, de refuser.

2. Le manipulateur ne comprend pas le sens ni la signification des expériences qu’il vit, ne voit et entend que ce qu’il veut ou ce qui l’arrange. Il a une vision sélective et limitée.

Au contraire, une personne qui regarde, écoute attentivement son interlocuteur, est capable d’ajuster ses paroles et ses réactions. Sa perception lui permet d’avoir des réactions appropriées à l’autre et à la situation. Elle se fie à ses facultés, donne son avis et n’a pas d’exigences irréalistes ou déraisonnables envers elle-même ou les autres.

3. Le manipulateur cherche à contrôler, à prendre le pouvoir sur l’autre, à déstabiliser. Il ne se montre pas authentique mais se cache la vérité et la dissimule aux autres, enferme ses sentiments ou masque ses intentions.

A l’opposée, une personne spontanée s’exprime librement et ouvertement, elle est maitresse de sa vie. Elle ose exprimer son point de vue sans l’imposer. Elle cherche une solution et à résoudre les difficultés plutôt qu’à les exposer ou se plaindre tout le temps pour qu’on la plaigne ou l’assiste.

4. Le manipulateur est méfiant, fait preuve de cynisme, d’agressivité. Au fond, il se méfie de lui-même et n’accorde pas sa confiance. Il croit maitriser sa propre vie et se sent tout puissant en prenant le contrôle sur les autres.

A l’inverse, une personne qui a confiance en elle et en l’être humain est souple d’esprit et sait apprécier l’autre, est créative, prend plaisir à ce qu’elle fait et ne cherche pas à dominer autrui.

Le but est de prendre conscience de nos propres systèmes relationnels dysfonctionnels et de parvenir à devenir le plus souvent sincère et responsable de soi.

 

 

Lecture pour approfondir :

Pour ne plus vivre sur la planète Taire : Une méthode pour mieux communiquer, Albin Michel, 2003, Jacques SALOME
Si je m’écoutais… je m’entendrais, J’ai lu, 2012, Jacques SALOME
La manipulation au quotidien : La repérer, la déjouer et en jouer, Eyrolles, 2007, Christophe CARRE
La manipulation ordinaire, Marabout, 2014, Marie ANDERSEN

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